Le pouvoir de la photographie, une infime frontière entre le réel et la fiction et les risques que cela comporte.

15 Avr

Nous avons eu l’occasion de voir dans les articles précédents les enjeux que posaient la photographie qui, dès son apparition, a été détournée dans un but artistique et manipulateur alors que cette technique était à l’époque avant tout considérée comme scientifique, fiable, le témoin de la réalité, d’une vérité en laquelle on mettait beaucoup d’espoirs, et ce dans l’objectif d’un usage utilitaire.

Voici quelques liens répertoriant pour la plupart des articles scientifiques qui nous permettrons de nous interroger sur la place de l’image dans nos sociétés, depuis son apparition grâce à la photographie jusqu’à son détournement (qui a été rapide) et permettant la manipulation du spectateur, et autres problématiques qui s’imposent dès 1840:

http://etudesphotographiques.revues.org/index167.html

Cet article retrace le rôle qu’ont joué plusieurs groupes de littéraires et de photographes qui, au XIXe siècle, ont par leur sens de l’humour et leurs canulars contribué à l’avènement des mouvements avant gardistes du début du XXe siècle tels que le dadaïste et le surréalisme et leurs expérimentations dans lesquelles ils réutilisèrent à profit ce goût pour la dérision et la mise en scène, mais également certaines techniques photographiques dévoilées par pères de la photographie.

Nous pouvons ainsi établir un parallèle avec l’autoportrait de Bayard de 1840 qui constitue dans l’optique de cet article, à savoir poser la question de l’origine des avant-gardes photographiques, le premier canular photographique qui interroge la notion de réel et de fiction à travers ce médium censé « reproduire la vérité » à l’origine, mais qui a été détourné dès ses début par ce dernier.

Cet article est rédigé par Clément Chéroux, historien français et conservateur pour la photographie du Centre Pompidou.

http://books.google.fr/books?hl=fr&lr=&id=7AN_xnPz_zkC&oi=fnd&pg=PA7&dq=hippolyte+bayard+autoportrait+en+noy%C3%A9+1840+r%C3%A9el+fiction&ots=MHi0G6iQ0I&sig=czQKdfYUpa8cXwyHjB87u-AzDh4#v=onepage&q=hippolyte%20bayard%20autoportrait%20en%20noy%C3%A9%201840%20r%C3%A9el%20fiction&f=false

Ce livre numérisé et accessible sur GoogleBook a été rédigé sous la direction de Danièle Méaux (enseignante-chercheuse dans le domaine des arts) et de Jean-Bernard Vray (enseignant-chercheur en langue et littérature française), tous deux exerçant à l’université Jean Monnet de St Etienne qui est également chargée de la publication en 2004.

Cette oeuvre reprend les actes d’un colloque tenu à Amiens en 2003 . L’ouvrage se divise en 4 parties, la première évoque la notion de « trace », la seconde les » Images et de la mise en récit », la troisième de « La photographie et la vie intime  » et la dernière  de « la Photographie et l’écriture autobiographique ». Ces quatre thèmes sont intimement liés aux problématiques qui s’illustrent dans l’oeuvre de Bayard que nous étudions et les mises en parallèles utilisées dans l’ouvrage en attestent.

http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=TDM_013_0216

Cet article de Laurent Martin, historien des médias et de la politique culturelle, revient sur l’exposition qui utilise un large panel de clichés photographique ayant fait débat puisqu’ils illustrent pour la plupart des évènements historiques qui ont marqué les esprits par leur caractère violent, amoral, pervers. On se demande alors si leur fonction est en effet de transmettre l’information révoltante afin que susciter une opposition et une indignation, ou si elles n’ont pas plutôt sombré dans le voyeurisme par leur utilisation massive depuis les débuts de la photographie.

En effet, l’exposition part de l’origine du média avec l’autoportrait d’Hippolyte Bayard jusqu’aux images contemporaines, articulée par une dialectique qui soulève 3 grands enjeux : celui du droit d’auteur ; celui de l’objet ou du sujet représenté ; celui, enfin, du rapport à la vérité et au réel.

Laurent Martin « Exposition », Le Temps des médias 2/2009 (n° 13), p. 216-219.

http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=LPM_015_0032

Bernard Millet pose d’emblée dans cet article les bribes d’une réflexion actuelle. Après avoir contextualisé l’apparition de ce procédé dans une société universellement gangrenée, l’auteur cherche à en comprendre les enjeux et les limites, ce qui a plu et déplu dans cette invention, et ce dans une perspective toujours très réflexive envers son environnement immédiat formaté par les mentalités qui le constitue.

La photographie a permis de reproduire avec exactitude le vrai, le réel. Cependant, un an après son invention officielle, Bayard réalisait déjà son autoportrait en noyé et, ainsi, brisait les illusions et les espoirs que portait ce procédé, alimentant l’argumentation de ses détracteurs, et soulignant par ailleurs pour les générations futures tout le potentiel de la photographie quant à son pouvoir de manipulation par l’image, moins au XIXe s où l’admiration remplaçait la suspicion de l’invention.

B.Millet «Résistance des images», La pensée de midi 2005 N° 15, p. 32-41 = CAIRN

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